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BRISÉE PAR MON BEAU PÈRE

Selon Sartre, « L’existence précède l’essence » ainsi, l’homme avant de se définir comme tel, s’est formé et s’est développé de l’enfance première étape de la vie humaine. Enfance qui peut également être qualifiée de commencement et d’origine de toute chose. Elle fait partie de notre passé qui d’un point de-vue collectif ou individuel peut être formateur des individus et des sociétés. En outre nos actions et comportements sont le résultat de notre enfance.


Âgée de 11 ans j’ai été confrontée à l’une des choses les plus difficile qu’un enfant puisse avoir à vivre : le divorce de ses parents. L’obligation de se résilier à l’idée d’avoir encore des moments tels que des dîners avec ses parents, ses frères et sœurs, de ne plus se rendre à l’église le dimanche en famille Bref toutes ces d’activités qui jusque là ne nous enchantaient pas toujours. À ce moment donné je savais que plus rien ne serait pareil mais, en aucun cas je ne m’étais jamais imaginée que tout mon monde allait s’écrouler petit à petit car le pire ne restait qu’à venir. Ma mère pris la décision d’aller en occident y vivre et surtout se reconstruire, moi l’ainée de son union précédente j’ai fais partie de ce voyage. Qui dit divorce dit beau-père ou belle-mère, famille recomposée et malheureusement mon cas de figure n’était pas une exception, un an après notre arrivée on installait avec mon beau-père. La cohabitation avec ce dernier fut un avant-goût du début d’une longue histoire cauchemardesque. Les disputes à répétition rythmaient notre quotidien, rien que ce changement avait suffi à changer la petite fille joviale et pleine de vie que j’étais auparavant. Âgée cette fois ci de 13 ans à peine (je m’en rappelle encore comme si c’était hier) j’ai subi une agression sexuelle … oui ! J’AI ÉTÉ VICTIME D’ATTOUCHEMENTS SEXUELS et mon agresseur n’était rien d’autre que mon beau-père … Que faire à cet âge ? vers qui se tourner ? que dire et comment le dire ? Pendant très longtemps je me suis mise en tête qu’il était préférable de ne rien dire, je me devais à la fois de protéger ma mère et de préserver ma fratrie issue de cette union afin de les épargner la souffrance de la perte d’un père.


Imprégnée de l’éducation africaine où il est très difficile d’aborder ces sujets très délicats, sensibles et tabous mais aussi où il est pas évident d’exprimer son mal être. Il est donc souvent préférable dans ces cas de veiller à l’honneur de la famille en se taisant tout en prenant tout sur soi. J’avais peur d’être mis à la porte car dans le pays d’origine c’est ce sort qui est presque toujours réservé à la progéniture issue d’une relation passée et dont la belle-mère ou le beau-père ne manquerait pas de prétexte pour justifier son acte. La peur de ne pas être cru en plus du sentiment d’insécurité après avoir vécu un tel épisode au sein même du cocon familial m’habitaient. Cette agression fut très traumatisante et douloureuse au point d’impacter ma vie sociale car renfermée sur moi-même j’ai eu du mal à me faire des ami(e)s. Ma vie amoureuse elle aussi n’a pas été épargnée, ma première relation amoureuse je l’ai eu bien tardivement par rapport à la moyenne et ma 1ère expérience sexuelle également.


J’avais pour seul refuge la prière et pour appuie mon créateur afin qu’il puisse m’apporter l’aide nécessaire pour surmonter cette épreuve. Je me suis résolue à laisser ce chapitre pas très gai de ma vie derrière moi et entre les mains de la justice divine. Aujourd’hui j’ai 26 ans donc 13 ans ont passé après les faits et je me suis rendue compte malgré moi que non seulement je n’avais jamais pardonné à ce monsieur, que je n’ai pas été guéri et que ça allait s’avérer plus difficile que prévu de passer outre. C’est mon comportement vis à vis du sexe opposé qui m’a mis la puce à l’oreille : j’ai du mal à faire confiance et à me donner un minimum comme il se devrait dans une relation de couple dont la cause de la plus part de mes ruptures sentimentales. C’est d’ailleurs par rapport à ce parcours sentimental catastrophique que j’étais entrée en contact avec stéphany Tam. Lors de notre 1ère entretien en lui expliquant ce manque de confiance et mon sentiment d’insécurité que j’éprouvais dans mes relations amoureuses, à la suite des questions qu’elle a eu à me poser que nous sommes arrivées à la conclusion selon laquelle le noyau de mon problème provenait principalement de ces étapes de ma vie en plus de tout ce que cela avait développé dans mon psychisme. J’ai à la suite de cet entretien, quelques semaines plus tard assistée avec une copine à la 1ère soirée « entre-nous » organisée par Stéphany dont le sujet était « les bases d’une relation ». Le cadre était très intimiste, propice à la discussion et au partage, la maitresse de cérémonie c’était également arrangée à mettre ses convives en condition avant de pouvoir débattre. Une par une, les autres participantes prenaient la parole jusqu’à ce que d’un air très naturel je me suis mise à évoquer les difficultés que j’avais rencontré dans mes précédentes relations jusqu’à évoquer toujours de façon naturelle mon agression waouh ça m’a fait un bien fou de vider mon sac plein à rebord depuis 13 ans. Je me suis sentie par la suite comme allégée de 10kg, c’était la quasi 1ère fois que j’en parlais à un public aussi important (nous étions une quinzaine), j’ai été écoutée, réconfortée sans toutefois être considérée comme étant « faible », il y a même eut certaines à qui mes révélations ont arraché des larmes. Je me suis sentie tout simplement bien ! très bien même.


J’ai revu stephany par la suite et je suis ravie de vous dire qu’à ce jour une plainte a été déposée auprès de l’administration adéquate pour résoudre ce délit. J’ai décidé de sortir de mon silence et d’entamer mon processus vers la guérison et je ressens le besoin profond d’affronter mon agresseur. J’ai mis ma famille proche au courant et après m’avoir fait le reproche d’avoir attendu trop longtemps pour leur faire mes aveux, j’ai leur soutien. Je leur serais à jamais reconnaissante de m’accompagner dans cette procédure complexe. Je ne suis plus une victime mais une femme forte prête à embrasser sa destinée. je sais qu’aucun homme ne sera peut-être digne de ma confiance si ce n’est mon créateur et je ne suis pas à l’abri d’une quelconque blessure sentimentale mais je suis cependant quasi sure que je ferais la rencontre d’un homme le mien celui-là qui saura m’embrasser sur toutes mes cicatrices.


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